Comment réduire les dépenses énergétiques du foyer ?
La question de Gineste qui s’interroge sur le mode de chauffage à choisir avec une maison performante soulève un sujet digne d’un article :
La première des choses à faire est de recadrer le sujet : les dépenses énergétiques d’un foyer englobent le chauffage, bien sur, mais aussi l’eau chaude, les consommations électriques liées aux appareils domestiques et éclairages en tout genre, les chauffages de piscine, et on oublie encore souvent les systèmes de refroidissement.
On traitera ici les systèmes de régulation de la température ambiante : à la fois en chaud, mais aussi en froid, car on oublie encore souvent que nos hivers sont de moins en moins rigoureux et nos étés de plus en plus chauds.
Pour réduire les dépenses en chaud et froid d’un foyer il existe 2 solutions complémentaires : ou bien traiter le problème à la base en traitant l’enveloppe, ou s’occuper de trouver le système le plus économe, ou bien, dans le meilleur des cas, faire les deux !
Le système de chauffage et le système de climatisation viennent pallier aux défauts du bâtiment. Si une enveloppe n’avait pas de besoin, il n’y aurait pas de système. Evidence qui mérite d’être précisée. Donc, commencer par penser « chauffage » et « clim’ » est une absurdité : mieux vaut penser « réduire la demande en énergie » en tout premier lieu.
Toujours en fonction de l’usage auquel le bâtiment est destiné et de la région où vous construisez, avec une architecture bioclimatique (compacité, orientation, protections solaires, …) et des matériaux durables à forte inertie correctement mis en Å“uvre, vous réduisez considérablement les besoins de l’enveloppe à la fois en chaud et en froid, et ce, pour longtemps !
A cet instant, les besoins étant minimisés, il sera évidemment plus difficile de rentabiliser dans le temps un système onéreux au départ : plus les besoins énergétique d’une habitation sont faibles, moins il est intéressant (financièrement) d’investir dans un système de chauffage et/ou refroidissement.
Quand un installateur vous parle de coût annuel en chauffage sur 20 ans, n’oubliez pas d’inclure le coût d’investissement initial, chose qu’ils font peu souvent. N’oubliez pas non plus qu’il part du principe que vous consommez beaucoup.
Opter pour un système couramment qualifié « d’écologique » avec une maison avec de faibles besoins en chaud et froid est une excellente chose d’un point de vue environnemental : l’énergie consommée est faible et en plus moins nuisible. Idéal, mais encore très cher malheureusement !
Si on tient compte du paramètre économique, à choisir, mieux vaut miser sur une enveloppe à faibles besoins que sur un système onéreux qu’il va falloir stocker, entretenir, qui a une durée de vie limitée, … Avec une maison durable et performante hiver comme été, vous êtes déjà sûr d’avoir besoin de peu d’énergie, que cela va durer et quelque soit le système de chauffage ou de refroidissement.
Il n’existe pas de système de chauffage idéal, d’autant plus que chaque projet est spécifique. Mais avant de vous lancer dans un investissement chauffage considérable, préférez réduire les besoins et aussi bien en hiver qu’en été. Ne perdez pas de vue non plus que vous construisez pour des décennies.
Faire un petit effort initial pour augmenter les performances de l’enveloppe du bâtiment vous permet d’avoir la garantie d’une maison confortable toute l’année qui vous coutera peu en énergie, que cela va durer, et ce, quelque soit votre choix de système.

25 février 2007 at 18:31
Je partage largement le point de vue présenté dans cet article. Pour adresser correctement la question de l’énergie dans l’habitation, il faut d’adord penser à une bonne (tres bonne enveloppe), puis aux systèmes (la technique de chauffe, de ventilation,…). Je trouve bizarre de penser technique pour quelque chose qui nous touche de si prêt (l’environnement immédiat de notre vie).
J’ai réalisé entre Nov 2001 et Juin 2003 une habitation à basse énergie destinée à des gîtes de vacances en haute-Ardenne (sans s pour l’Ardenen belge). L’objectif à terme, selon nos moyens financiers, étaient de faire une maison zéro énergie (voir les déf ci-dessus et merci pour cet effort). http://www.energite.be
Avec une consommation de moins de 6 l de fioul/m2 et par an, reflet de la bonne enveloppe - réalisée pourtant dans un bâtiment aux conditions extrêmes (ferme de 1751 classée au patrimoine-, nous nous questionnons (mon épouse et moi) sur la pertinence d’installer des panneaux solaires pour nous dispenser totalement du fioul de chauffage. Cela représenterait un investissement de l’ordre de 25 000 EUR! Comment dans ce cas imaginer un quelconque retour sur investissement??? Certes l’idée est toujours séduisante, mais… financièrement?
Vient ici le point que je porte à discussion… Qu’attendons nous pour adresser les questions relatives à l’énergie dans l’habitation, non pas en termes de ROI (retour sur investissement), mais en terme d’internalisation des coûts. Apres tout, tout le monde paie son approvisionnement énergétique en même temps que son prêt hypothécaire. Et l’argent consacré au paiement de l’énergie n’étant plus dans notre poche, les investissements pour réduire la consommation d’énergie dans l’habitation ne sont donc pas des surcoûts, supposant un quelconque retour d’investissement, mais un investissement initial supérieur pour TOUJOURS réduire les frais de fonctionnement de son logement.
Ce n’est pas qu’une question de mots et de ‘concepts économiques’. J’ai préparé sur http://www.construire-malin.be un calculateur qui donne en EUR constant et EUR courants un comparatif de l’évolution des mensualité hypothécaires en regard des débours pour l’énergie dans l’habitation. Jouez avec vos propres chiffres (le montant de votre emprunt et le montant de votre facture énergétique globale) et vous verrez qu’il fau vraiment être riche pour se permettre une vue à court terme (lorsque des choix s’imposent = c-a-d lors de la construction).
L’internalisation des coûts environnementaux serait-elle une vision écologique de la construction?